lacapoeira

Cours de Capoeira à Nantes – Groupe Ginga Nagô

Association dispensant des Cours et Stages de Capoeira tous niveaux, pour enfants, adultes depuis 1995 à Nantes et son agglomération

texte original : www.capoeira-infos.org (Aruera – Ginga Nagô Nantes)

Historique de la Capoeira

L’histoire de la Capoeira n’est pas connue dans son intégralité du fait du manque de documents d’époque.
Son origine est liée à la déportation des esclaves noirs au Brésil qui commence au XIVème siècle.

Le témoignage de Albano de Neves e Souza, Via L. Camara Cascudo rapporte qu’en Mucope du Sud en Angola existait le N’Golo ou danse du Zèbre, un rituel d’initiation d’adolescents, qui serait l’origine directe de la Capoeira

Les africains amenés comme esclaves, créent des formes de résistance et de lutte propres, comme le Ladja, ou Damnye en Martinique, Pagiembel en Guadeloupe, ou le Mani à Cuba.

Il faut attendre 1712 pour que Rafael Bluteau inscrive pour la première fois le vocable Capoeira, dans “Vocabulário Português e Latino”, mais sans que le terme fasse reférence à une lutte.

Le mot Capoeira apparait au début du 19ème dans des registres de police

Les premières évocations de la Capoeira au Brésil durant la période de l’esclavage proviennent des récits de voyages des étrangers au Brésil.

Le témoignage pictural de l’allemand Johann Moritz Rugendas, date de 1830, on y distingue l’Atabaque mais pas encore la présence du Berimbau.

le dessin de Augustus Earle “Negroes fighting, Brazil” de 1824 est aussi surement représentatif de l’aspect combatif que pouvait avoir à cet époque la Capoeira Carioca.

Dans les dessins de Jean-Baptiste Debret publiés en 1834, en “Voyage Pittoresque et historique au Brésil”, le Berimbau est utilisé par les vendeurs ambulants pour attirer les clients.

Au milieu du 19ème siècle, Charles Ribeyrolles, écrivain Français évoque la Capoeira pratiquée sur le terreiro de la fazenda le samedi soir ou les jours de fêtes chômés.

Zumbi, le chef du Quilombo (colonies d’hommes libres) de Palmares, situé au Pernambouco, est un personnage symbolique, qui est aussi souvent chanté dans les rodas. Il résiste de 1610 à 1697 aux Portuguais, et reste le symbole de la liberté et la rébellion noire.

C’est l’époque ou dans les rues circulent les “escravos de ganho”, esclaves en semi-liberté qui travaillent pour le compte de leur maître

Le Major Nunes Vidigal devient célèbre par ses persécutions envers la Capoeira carioca, elle survit malgré les efforts des autorités de l’époque pour faire disparaître les expressions de la culture Afro (Candomblé, batuque …). Certains rapportent que c’est dans la prison de l’île de Fernando de Noronha qu’étaient spécialement envoyés les capoeiristes.

En 1871: est voté la loi du ventre libre, avec elle les fils d’esclaves seront libres, apres leur majorité. Dans l’Etat du Maranhao les journaux de l’époque rapportent les faits des capoeiristas dès 1877.

Le début des années 1880 est marqué par le mouvement abolitionniste.
Avec l’avènement de la photographie au Brésil, Les clichés de Christiano Jr, montrent dans des décors de studio la vie des esclaves noirs de Rio, peu de temps avant l’abolition de l’esclavage proclamée le 13 mai 1888 par la princesse Isabel.

La Guarda Negra, est crée à Rio de Janeiro, elle est dirigée secrètement par le Visconde de Ouro Preto, et n’est composée quasiment que de capoeiras ou navalhistas et caceteiros, à la solde du gouvernement.

Toujours à Rio de Janeiro, on utilise à l’époque, les gangs de Capoeira appelés “maltas” comme instrument de pression durant les élections, on les assimile aux voleurs et brigands et quiconque est surpris en délit de “Capoeiragem” est punit par une loi du code pénal de la République des états-unis du Brésil de 1890 signée par le Maréchal Deodoro da Fonseca, juste un an après la proclamation de la République .

La même année, Aluísio Azevedo publie “O Cortiço”, un roman, dans lequel il évoque l’histoire d’un “capoeira”.

Rui Barbosa, à l’époque Ministre de la Fazenda du Gouvernement provisoire, en 1891, ordonne de brûler tous les documents relatifs à l’esclavage, réduisant ainsi les informations sur la culture noire au Brésil et la possibilité de recherches.

Plácido de Abreu Morais publie en 1886, le roman “Os Capoeiras”, qui met en avant les rituels propres à la capoeiragem a Rio de Janeiro. En préambule, l’auteur répertorie le vocabulaire en argot en vigueur à l’époque.

José Alexandre Melo Morais Filho cite en 1906, dans “Festas e tradições Populares do Brasil” quelques Capoeiras de Rio, alors fameux : Mamede, Chico Carne Seca, Quebra Côco, Fradinho, Natividade, Maneta, Bonaparte, Leandro, Aleixo Açougueiro, Bentevi, Pedro Cobra. Dans la presse, c’est Kalixto, illustrateur Carioca, qui dessine ces personnages et leurs mouvements si spécifiques.

Manuel Raimundo Querino, le premier historien noir du brésil écrit en 1916 dans “Bahia da outrora” :”à l’occasion de la guerre avec le Paraguay (1864-1870), le gouvernement d’alors, fit envoyer bon nombre de capoeiristes, beaucoup y allèrent libres, de leur propre volonté, mais beaucoup plus y furent forcés et contraints”.

Progressivement la capoeira est transportée vers les grands centres urbains. à Recife, Pernambuco, le nom de Nascimento Grande est célèbre, à Rio c’est celui de Manduca da Praia ou celui de Ciriaco, qui vient à bout en 1909, du Japonais Sada Miako

Originaire de Santo Amaro da Purificaçao, dans l’intérieur de Bahia, Besouro de Maganga est le premier capoeiriste à devenir une légende et être célébré dans les chansons. D’autres figures du Reconcavo restent intemporelles: Paulo Barroquinha, Boca de siri, Doze homens, Noca de Jaco et Canario Pardo…

Au début du 20ème siècle, c’est sur les places publiques des grands centres urbains, lors des manifestations religieuses importantes (festa de Santa Barbara, festa da Conceiçao, festa de Boa Viagem, festa do Bomfim…) que les joueurs de capoeira se retrouvent malgré la répression des autorités.

Le premier court métrage sur le sujet peut être : “Dança De Capoeiras” tourné en 1905 et présenté par l’entreprise Candburg au Théâtre Lyrique de Rio de Janeiro

Dans la même ville, jusque dans les années 1920, la “Festa da Penha“, où se retrouvent les bahiannais et les sambistes cariocas, est citée comme un lieu de samba et de capoeira de Malandro. On y retrouve la célèbre Hilária Batista de Almeida, Tia Ciata, bahiannaise, native de Cachoeira qui, dans sa maison, surnommée la “Pequena Africa“, organise des rodas de samba, batuque et capoeira, manifestions que l’on qualifie maintenant de resistance culturelle face à la marginalisation du noir de l’époque. Le personnage du malandro est souvent cité dans les sambas de l’époque : Vadiagem de Francisco Alves en 1929. déjà en 1908 est tourné Os Capadócios da Cidade Nova un court métrage qui évoquent les malandros, capoeiras et valentões aux environs de la rue Visconde de Itaúna

Au Pernambouc (Recife), les capoeiristes accompagnent les défilés du carnaval, chaque groupe protège son étendard, les bagarres sont nombreuses et réprimandées violemment, la lutte se fond au Frévo.

à Bahia, Pedro de Azevedo Gordilho dit “Pedrito“, devint célèbre pour la persécution qu’il mène auprès du Candomblé et la Capoeira.

Progressivement la capoeira se transforme, s’institutionnalise … ceux qui la considère comme une lutte la font monter sur les rings. Fort de cette reconnaissance naissent les premiers manuels : le premier livre sur la capoeira serait : “Guia do Capoeira ou Gymnastica Brasileira” signé par un certain O.D.C. en 1907 à Rio de Janeiro.

En 1928, dans la même ville, (Zuma) Annibal Burlamaqui publie un livre illustré, intitulé Ginástica Nacional” (Capoeiragem) il y définit des méthodes et règles très éloignées du rituel bahiannais, et tente d’assimiler la pratique de “capoeiragem” à une gymnastique nationale. Elle n’est plus l’apanache des malandros tels que Madame Satã João Francisco dos Santos (1900-1976).

Avec l’aide de son élève Cisnando, grand connaisseur de jiu-jitsu, boxe et lutte gréco-romaine, Manuel dos Reis Machado “Mestre Bimba“, crée une capoeira caractérisée par des séquences de mouvements et un code éthique stricte. C’est en 1936 à Salvador au Parque Odeon qu’il affronte et bat le fameux Henrique Bahia. Il faudra attendre 1937, pour que Bimba obtienne l’autorisation légale d’ouvrir la première “Académie de lutte régionale de Bahia“. Cette pratique attire la classe moyenne et les étudiants de L’état de Bahia.

La même année, le capoeiriste Samuel Querido de Deus, est l’un des invités du 2ème Congrès Afro-brésilien réalisé dans cette même ville.

Durant cette décennie 2 oeuvres innovatrices pour l’époque sont publiées : “Casa-Grande & Senzala” (1933), de Gilberto Freyre, et “O Negro Brasileiro” (1934), de Arthur Ramos.

A Rio c’est Sinhozinho, qui lui, extrait la Capoeira de son contexte musical et rituel, la mélange avec d’autres arts martiaux, et la divulgue auprès de la classe moyenne Carioca.

Mestre Maré
Mestre Maré

Dans les rodas de Capoeira de Salvador, de cette époque, évoluent d’autres grands noms de cet art afro-brésilien : Amorzinho, MaréLivinho DiogoAberréNoronha.

C’est en 1941 que Vincente Ferreira Pastinha “Mestre Pastinha“, ouvre à son tour son centre dans le quartier Liberdade, et développe le style Capoeira Angola, afin de conserver l’héritage africain.

Pierre “Fatumbi” Verger, français, révèle dans ses photographies à Bahia, dans les années 40, la présence de la culture noire au Brésil. En plus de ses livres, ses clichés sur le Candomblé et la Capoeira seront autant d’hommages à l’Afrique.

Dans son “Barraçao” situé quartier Liberdade : Mestre Waldemar organise des rodas où évoluent Mestre Traíra et bien d’autres figures. Dans tout l’état de Bahia, TiburcinhoCaiçaraCanjiquinha,Cobrinha VerdeGatoBigodinhoGigante, et bien d’autres sont les dignes représentants de la Capoeira en ce milieu de 20ème siècle .